samedi 3 mai 2008

L'écriture chinoise


Les premiers exemples connus de caractères écrits dans leur forme évoluée ont été gravés sur des carapaces de tortues et des os d’animaux, dit-on par des oracles.



Aujourd’hui, on distingue deux formes d’écritures, l’écriture traditionnelle et l’écriture simplifiée. Ceci est lié à une réforme de l’écriture qui a été lancée dans les années 50 sous l’impulsion de Mao Tsé-Toung, pour aider en même temps à la lutte contre l’analphabétisme qui concernait 80% de la population en 1949.
En Chine même, cette réforme n'a été adoptée ni à Hong Kong, ni à Macao, ni sur l'île de Taiwan. Elle a été adoptée à Singapour, mais pas dans d'autres communautés chinoises extérieures à la Chine.



Exemple de caractères simplifiés :


Niao : oiseau


Gui : tortue



La structure graphique des caractères

Les caractères sont composés de traits.
On distingue huit traits fondamentaux : 1. le point ;2. le trait horizontal; 3. le trait vertical; 4. le trait jeté descendant de droite à gauche 5. le trait appuyé descendant de gauche à droite; 6. le trait relevé; 7. le crochet; 8. le trait brisé.

Les traits sont tracés dans un ordre défini que tout Chinois, sachant écrire, connaît. Les tracer dans un ordre différent correspond à une "faute d'orthographe", immédiatement reconnue.

On trace les caractères de haut en bas et de la gauche vers la droite. Ce caractère signifie la paix, les trois premiers traits signifient le toit, et l’élément du dessous signifie la femme. Cela rappelle que dans la société chinoise traditionnelle, les femmes ne sont pas supposées être actives en dehors du foyer, mais juste être heureuses de s'occuper de la maison.
Ainsi, les caractères chinois révèlent l’histoire de la civilisation chinoise et permettent d’appréhender la pensée en même temps que l’apprentissage de la langue.


Caractère, syllabe et mot

Chaque caractère représente une syllabe, que celle-ci constitue un mot à elle seule ou qu'elle soit une partie d'un mot : un mot peut être monosyllabique ou polysyllabique (le plus souvent bisyllabique, représenté alors par deux caractères). Dans les mots bisyllabiques, les deux caractères qui le représentent ne correspondent pas nécessairement chacun à un mot existant.

Typologie des caractères

On peut distinguer plusieurs types de caractères selon deux critères principaux : caractère simple ou complexe et valeur (sémantique ou phonétique) du caractère et de chacun des constituants.

– catégorie I : caractères simples correspondant à des signifiés


Ce caractère signifie « l’arbre »



Ce caractère signifie « la forêt ».


– catégorie II : caractères complexes, dont chacun des constituants a une valeur sémantique.


Ce caractère est composé du soleil et de la lune et signifie « brillant ».



Ce caractère signifie « repos » et est composé de l’homme et de l’arbre.



Ce caractère signifie « bon », « bien », et est composé de la femme et de l’enfant.



– catégorie III : caractères complexes dont l'un des constituants a une valeur sémantique (il représente une partie du sens du caractère), un autre a une valeur "phonétique" et donne une indication quand à la prononciation du caractère. Ce type de caractères représente environ 90% des caractères chinois.

Ainsi tous ces caractères se prononcent « zhu » mais ont un sens différent en fonction de la clé placée devant le deuxième signe.

Par exemple :


« zhu » seul signifie « maitre »



mais avec la clé de l’homme placée devant, ce caractère signifie « habiter ».


– catégorie IV : caractères à valeur "phonétique" (ils représentent une syllabe). Ils contituent souvent la traduction phonétique d’un mot nouveau. Leur choix peut aussi revêtir du sens. En effet le mot suivant signifie « d’un goût agréable et amusant ».

Ce groupe de caractère est la transcription phonétique de « coca cola » et se prononce « kekoukele ».



Le classement des caractères repose sur les clés (éléments à fonction sémantiques constitutifs des caractères), on en distingue 214.



On recence plusieurs dizaines de milliers de caractères différents mais
la lecture des textes courants requiert la connaissance de trois ou quatre mille caractères. On considère que le seuil de l'alphabétisme est de 1 500 caractères dans le monde rural et de 2 000 caractères dans le monde urbain.

Il est important de noter qu’il existe de nombreux dialectes en Chine, mais l’écriture des caractères reste toujours la même dans toute la Chine, l’écrit est donc un moyen de communication. Quand les chinois ne se comprennent pas à l’oral, ils tracent les caractères dans leur main ou dans l’air devant leur interlocuteur.

Pour donner une transcription phonétique des caractères et faciliter l’apprentissage de la langue, on utilise le pinyin, qui note également les cinq tons du mandarin.
Le chinois compte entre 200 et 300 sons mais déclinés avec les 5 tons.
Ici un exemple de déclinaison d’un son avec les différents tons qui correspondent à une variante du caractère .

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